La jeune entreprise française ArcSpace, implantée à Paris et Toulouse, a levé 2 millions d’euros afin de poursuivre le développement de sa technologie de soudage par faisceau d’électrons destinée aux opérations spatiales. Son ambition est de démontrer directement en orbite qu’il est possible d’assembler des structures métalliques grâce à un système automatisé et compact.
ArcSpace adapte le soudage aux contraintes de l’espace
Le soudage est une technique industrielle ancienne, mais son utilisation directement en orbite représente encore un défi technologique. ArcSpace souhaite adapter ce procédé aux contraintes spécifiques de l’environnement spatial et au développement futur de services en orbite.
L’entreprise prévoit ainsi de réaliser une expérience à bord d’un satellite. « Un processus de soudage automatisé d’une centaine de secondes sera réalisé à bord d’un satellite », explique Guillaume Mohara, directeur général et cofondateur d’ArcSpace.
Selon lui, cette expérience constituerait une étape majeure pour l’entreprise. « Ce sera une première mondiale, une démonstration au niveau de maturité technologique 9 (TRL 9) de notre technologie. »
Les 2 millions d’euros levés doivent notamment permettre à ArcSpace de finaliser le système nécessaire à cette démonstration dans des conditions spatiales réelles.
Un faisceau d’électrons pour faire fondre le métal
La technologie développée par ArcSpace repose sur le soudage par faisceau d’électrons. Le principe consiste à projeter des particules chargées sur une surface métallique. Leur énergie cinétique est alors transformée en chaleur au moment de l’impact, provoquant rapidement la fusion du matériau.
« Nous atteignons 1 500 watts sur une surface de 2 mm² : il suffit d’un dixième de seconde pour dépasser le point de fusion », précise Guillaume Mohara.
D’après le dirigeant, le procédé est compatible avec n’importe quel métal ou alliage conducteur. Cette caractéristique pourrait faciliter son utilisation pour différents types de structures et d’équipements spatiaux.
Guillaume Mohara, spécialiste des procédés de fabrication, a auparavant acquis une expérience aux États-Unis et au Japon ainsi qu’au Centre technique des industries mécaniques (Cetim), où il a notamment travaillé sur l’impression 3D métallique.
Une machine compacte adaptée aux satellites
Un équipement de la taille de deux boîtes à chaussures
ArcSpace ne prétend pas avoir réinventé les principes physiques du soudage par faisceau d’électrons. Cette technologie est connue depuis plusieurs décennies et est déjà utilisée dans différents secteurs industriels.
« Nous n’avons pas réinventé la physique du faisceau d’électrons, connue depuis plus de 70 ans », reconnaît Guillaume Mohara. « Mais nous l’avons repensée en fonction des contraintes spatiales. »
L’un des principaux enjeux concerne la taille des équipements. Sur Terre, les machines utilisant cette technologie peuvent être particulièrement volumineuses et nécessiter des installations importantes, difficilement compatibles avec les contraintes de masse, d’espace disponible et d’énergie des satellites.
ArcSpace travaille donc sur une version fortement miniaturisée. Son système occupe un volume comparable à celui de deux boîtes à chaussures, afin de faciliter son intégration à bord d’une plateforme spatiale.
Le marché des services et infrastructures en orbite
Au-delà de cette démonstration technologique, ArcSpace cible le marché émergent des services réalisés directement dans l’espace. Le soudage pourrait notamment servir à assembler de grandes structures, réparer certains équipements ou participer à la construction progressive d’infrastructures en orbite.
Cette approche accompagne une évolution plus large du secteur spatial. La maintenance, l’inspection, le ravitaillement et l’assemblage de satellites en orbite sont considérés comme des activités susceptibles de prendre davantage d’importance à mesure que les infrastructures spatiales se développent.
Pour l’industrie spatiale française et européenne, la capacité à fabriquer ou assembler des éléments directement dans l’espace pourrait également réduire certaines contraintes liées aux dimensions des lanceurs. Des structures de grande taille pourraient ainsi être envoyées en plusieurs éléments avant d’être assemblées une fois en orbite.
Une démonstration décisive pour la technologie d’ArcSpace
La prochaine étape sera déterminante pour ArcSpace. En réalisant automatiquement une opération de soudage à bord d’un satellite, l’entreprise entend prouver que son système peut fonctionner dans les conditions réelles de l’environnement spatial.
Une validation réussie pourrait ouvrir la voie à plusieurs applications, de la maintenance des satellites à l’assemblage d’infrastructures plus complexes. Avec cette levée de 2 millions d’euros, ArcSpace cherche ainsi à transformer une technologie industrielle éprouvée sur Terre en un outil adapté aux futurs besoins de construction et de services en orbite.

Gaspard Delacroix est rédacteur pour Dakarinfo.net, où il couvre l’actualité nationale et internationale ainsi que des sujets liés à la politique, à l’économie, à la technologie, au sport, au divertissement et au mode de vie. Il privilégie une information claire, rigoureuse et accessible, en mettant l’accent sur les faits essentiels et les enjeux qui concernent les lecteurs. Son travail vise à fournir des informations utiles, à suivre les évolutions de l’actualité et à mettre en lumière les sujets qui façonnent le quotidien.

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