La vérité sur le rapatriement des sénégalais à bord du Vol Air Sénégal HC 4004 – Paris-Dakar du 21 mai 2020 (Communiqué)

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La vérité sur le rapatriement des sénégalais à bord du Vol Air Sénégal HC 4004 – Paris-Dakar du 21 mai 2020 (Communiqué)

La vérité sur le rapatriement des sénégalais à bord du Vol Air Sénégal HC 4004 – Paris-Dakar du 21 mai 2020 (Communiqué)

Depuis quelques heures, une partie de la presse et des internautes, à travers les réseaux sociaux relayent des informations au sujet de passagers d’un vol Air Sénégal arrivés à l’AIBD ce jeudi 21 mai 2020 en provenance de Paris. Nous, passagers dudit vol, tenons à rétablir la vérité en relatant les faits le plus fidèlement possible.

Au sujet du vol de rapatriement…

Un rapatriement est habituellement aux frais de l’Etat.
Le vol n’a pas été gratuit. Les passager ont payé (parfois jusqu’à près de 800 000 XOF) le billet. Certains avaient déjà un billet et ont été contraints de payer une pénalité de modification. D’autres disposaient de billets d’autres compagnies qui ont négocié le transfert via Air Senegal et des frais (parfois au prix d’un billet) ont été appliqués.

Quelle information avions-nous au départ de Paris ?

Le gouvernement avait annoncé avoir changé de stratégie et que désormais les personnes qui entrent sur le territoire subiraient un test pour vérifier leur température. Les personnes présentant des symptômes seront acheminées vers les structures sanitaires et les autres voyageurs devront en toute responsabilité s’auto-confiner à la maison. A aucun moment, on nous fait part d’un test à l’arrivée, encore moins d’un confinement fut-il provisoire.

Les faits…

Nous avons quitté Paris vers 11h locales (et non 7h30 ou encore 9h comme annoncé). Le voyage a été globalement satisfaisant du point de vue sécurité sanitaire (un siège libre entre deux passagers) Nous sommes arrivés vers 14h30 locales. A la sortie de l’avion aucun protocole sanitaire n’a été annoncé et nous avons avancé sans information vers une file pas organisée pour recevoir des fiches de renseignement et le personnel médical a pris nos températures. Par la suite, un attroupement s’est formé (pas de distanciation sociale) et aucune information claire sur ce qui se passait ou ce qu’on attendait. Nous avons découvert qu’un dispositif de test se mettait en place et avons reçu un second formulaire inadapté car nous demandant des informations que nous n’avions pas du tout. Certaines cases de ce formulaire demandaient entre autres informations à fournir si le patient était décédé ou vivant (SIC !). Ce moment a été déterminant car le non-respect de la distanciation et les conditions du test nasal ont tous étés des facteurs à risque (les mêmes gants manipulaient les
échantillons, touchaient différents nez, différents visages…)
Il est clair que si les passagers ne sont pas contaminés par le test subi, certains tests risquent d’être infecté vu les “précautions prises”.

A l’issue du test, nous avons passé le contrôle aux frontières et avons eu nos bagages et là, sans information claire, nous attendions l’ouverture des portes. La rumeur du confinement éventuel a commencé vers 18h car les personnes qui nous attendaient sur le parking nous ont annoncé l’arrivée de bus. Les forces de Police, contrariées nous ont confessé demi-mot ne pas en savoir plus, dans un premier temps, pour nous annoncer finalement que nous serions acheminés vers des hôtels à Mbour et Saly sans préciser la durée. Les portes ont été ouvertes après 20h et les bus mis à disposition pour rejoindre les hôtels.

Le refus de rejoindre les hôtels..

Au début, la majorité a refusé de sortir principalement pour ces raisons :
– contradiction avec le discours officiel au moment de quitter Paris
– aucune information officielle sur la destination
– aucune information claire sur la durée de ce confinement
De nombreuses personnes se sont présentées sans assumer clairement un rôle dans le dispositif mis en place sans être capables nous parler au nom d’un Ministère (Santé / Intérieur…)
Au fur et à mesure, des personnes âgées, des femmes avec enfant, des passagers épuisés par le voyage ont rejoint les bus.
Le dernier groupe a rejoint Saly vers 00h face à l’évidente menace d’une extinction des lumières et d’une expulsion manu-militari. En résumé, les voyageurs que nous sommes, sortent en majorité de plus de 55 jours de confinement en France, certains d’entre nous disposent d’un test sérologique ou PCR négatif.
Nous ne sommes donc pas plus exposés que les populations que nous venons rejoindre. En toute responsabilité, comme l’a préconisé le Sénégal, la majorité d’entre nous avait envisagé un auto-confinement. Nous comprenons parfaitement les mesures mais nous avions été informés que nous pourrions rentrer librement si nous n’avions pas de symptômes comme l’ont fait les passagers du vol du 14 mai 2020. Certains d’entre nous ont des obligations professionnelles et/ou sociales et si nous avions eu l’information selon laquelle nous serions confinés ne serait-ce que pour 24h, certains ne seraient jamais venus.

Notre sécurité et notre santé.

Voilà donc des personnes, qui après 55 jours de confinement en France et des semaines de respect des gestes barrière se retrouvent mises en danger car bloquées et parquées dans un hall d’aéroport non aéré de 14h à 20h au minimum et jusqu’à 00H pour certains. Nous avons été laissés dans un hall sans aération. Certains n’ont pas pu changer leur masques. Personne n’a pu manger, rompre le jeûne ou au moins attendre dans des conditions de sécurité et d’hygiène. Des familles accompagnées de nourrissons n’ont pas pu les alimenter et des malades n’ont pas pu prendre leurs médicaments. Le conditions du test ne garantissent pas leur fiabilité et les médecins qui nous ont fait les prélèvements n’ayant pas changé de gants ont pu nous contaminer (ils nous touchent le visage avec leurs gants) De 14h à 20h il n’y a pas eu de communication officielle, pas de distribution d’eau ou de nourriture.

Ensuite, nous voilà acheminés dans des hôtels sans aucune garantie de sécurité sanitaire visible sur place encore moins une information claire sur la durée du confinement. Certains repas ont été servis froids à 2h du matin sans aucune règle d’hygiène et le petit déjeuner est arrivé ce vendredi matin à 11h alors que certaines chambres n’ont pas de couverts ou encore de chauffe eau. Au final, en pensant à la sécurité des personnes qui sont au Sénégal, (ce qui peut se comprendre) les autorités nous ont exposés à la contamination et devront être tenues responsables de tout ce qui nous arrivera pendant cette période d’attente non déterminée. Au moment où ces lignes sont rédigées, il n’y a aucune information officielle sur le protocole sanitaire prévu / en cours ni sur la durée et les conditions de ce confinement.

Fait à Saly, le 22 mai 2020 à 14h

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