Mbaye Ndiaye , gardien d’un cimetière «Le jour où un célèbre lutteur est venu introduire une corne dans une tombe

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Outre les morgues des hôpitaux, les pratiquants de ces actes ignobles ciblent également les cimetières. Si les uns y pénètrent en toute discrétion, d’autres s’attachent les services des gardiens de «ces royaumes de la mort». Mbaye Ndiaye (nom d’emprunt), gardien d’un cimetière ayant pignon sur rue dans le département de Kébémer, garde encore intact les souvenirs de sa rencontre nocturne avec un célèbre lutteur. Il se souvient : «Il y a de cela 2 ans, aux environs de 20 heures, j’avais reçu la visite d’un célèbre lutteur vivant à Dakar. Il était accompagné d’un vieux au teint clair, portant un caftan de couleur blanche et qui tenait entre ses mains une bouilloire. Alors, quand nous nous sommes mis à l’écart dans la pénombre, le lutteur est allé droit au but en me demandant de lui montrer la tombe d’un aveugle. Avant que je ne place un mot, il a glissé dans ma poche une liasse de billets de banque. Vraiment, au fond de moi, je ne voulais pas accepter sa proposition, mais j’étais très gêné par son geste. Après lui avoir montré la tombe, je l’ai observé de loin, il a versé un liquide au niveau de la tête, puis il a aménagé un trou où il a mis une petite corne», narre-t-il. Puis, comme une manière de révéler la face hideuse de ces pratiques, il martèle d’un ton ironique : «Il (le lutteur) doit regretter d’avoir profané cette tombe, dans la mesure où, il a été terrassé par son adversaire.»

Très loquace, l’homme estime avoir aussi révélé qu’il ne peut rester deux semaines, sans recevoir la visite de gens à l’allure suspect, qui lui demandent la tombe d’un bébé, d’un handicapé ou d’une jeune fille. Le doyen Mamadou Mansour Diène, ancien journaliste au journal «Cafard Libéré», qui a eu à travailler sur ce sujet, confirme les dires du gardien du cimetière. Il argumente : «Tout un commerce secret, exercé par des charlatans et autres prestataires des sciences occultes, se pratique autour de nos morts. Ces pratiques réprouvées par la morale et condamnées par toutes les religions se déroulent dans les morgues des hôpitaux ou des mosquées et dans les sépultures des cimetières. Certains, peuvent débourser une faramineuse somme pour avoir l’opportunité de placer des talismans dans les bouches des morts ou de prélever leurs organes. Ce sont des pratiques très fréquentes. Ce n’est plus un secret.» Très glaçant tout ça. Le Sénégal marche sur la tête…

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